Lima-Huancayo vendredi 10 Octobre 2008
5h10 du matin, à Surco, petite bourgade de Lima, le réveil est dur, surtout quand on a la bonne idée de faire une petite fête à Lima avec l’ami Xavier dans un bar peu recommandable (exactement Xav ce bar était peu recommandable :o)… ce réveil, je l’attendais depuis 5 ans donc je ne vais pas me plaindre.
5h10 donc, une amie vient me chercher en taxi, direction la gare de Lima j’en profite pour revoir la grand place, magnifique à cette heure ci, car aucun touriste et de belles et immenses maisons coloniales aux larges balcons en bois.
A la gare, à mon grand étonnement nous ne sommes pas la foule que j’imaginais, mais juste un petit sac de locaux et de touristes. Le train est là, juste devant, impressionnant, multi coloré, 10 peut être 13 wagons alignés face a moi, avec à son bout, une fameuse locomotive orange, jaune et rouge.
6H30 le temps de s’installer dans ce qui va me servir de logement durant 12 heures.
7H00 c’est parti mon kiki pour un florilège de pont, de zig zig (impressionnant) et autres multiple tunnels à travers (on peu le dire) les somptueuses Andes Péruviennes.
Le train se compose de wagons passagers, d’un wagon bar, un d’un wagon « ouvert » c’est à dire sans fenêtres pour encore mieux profiter du paysage. Je conseillerais d’ailleurs, a ce propos, a tout les future aventuriers qui prendraient ce train de ne prendre juste qu’un sac de batterie pour la caméra car le paysage nous tente à faire trop de photo :o)
A peine parti, une petite voix en Espagnol nous dit « Bienvenidos en el tren de Tintin ! Un grand sentiment de fierté patriotique m’envahit soudain, LA on est fière d’être Belge, ou tout du moins d’avoir Hergé.
Quelques feuilles de coca nous aide à traverser les 3000 premier mètres du voyage, une docteur passe régulièrement pour voir si personne tombe :o) très gentille cette docteur soit dit en passant.
Nous arrivons a un premier stop de 10 minute ou l’on nous invite a descendre pour voir le décrochement de la locomotive qui était dans mon dos, le pivotement de celle-ci a 180 degrés pour ensuite venir s’accrocher a l’autre bout du train, la locomotive étant a présent devant moi.
Cette manipulation assez impressionnante ne se fera qu’une fois, le reste, pour les zig zag, le train reculera, un homme du personnel change l’aiguillage, puis le train se remet en marche pour aller en avant cette fois ci.
Entre les paysages rocailleux et enneigés se trouve des hommes qui travaillent sur la voie, une pancarte m’a interpelée, on peut y lire, « Chemineaux travaillez prudemment, votre femme et vos enfants vous attendent à la maison » je trouve cela plus poétique que « Pas op, hommes sur chantier ».
Ps : Par rapport au danger, celui-ci est partout présent, au moment ou j’écris nous passons à coté d’un bus qui vient apparemment de faire une chute monstrueuse dans le canyon, on le voit complètement déchiré, on s’interroge tous ici, il nous parait évident qu’il ne doit pas avoir bcp de survivants, c’est fort malheureusement fréquent ici au Pérou et encore plus dans ces régions coupées du monde, on dit qu’il y en a un par semaine…
Après plus de 200 Km, passant par les villages de Chosica, et Oroya et plus de 51 tunnels sans compter les multiples ponts, dans le wagon « ouvert » les dames dansent sur un air de Cumbia et je doit dire qu’elles tiennent la forme c’est Mamitas car, et ce n’est pas rien, nous arrivons au point le plus haut du voyage dans la gare de Ticlio où nous y faisons un bref stop affin de remplir le radiateur de la belle locomotive que tout enfants auraient aimé avoir pour Noel.
Nous sortons donc un moment observer ce spectacle ainsi que le paysage de fou que nous offre ce lieu perché a quelques 4875 m au dessus du niveau de la mer, là, je vous assure que l’on ne joue plus au héro, les médecins sont très vigilants à ce que personne ne commence à courir (même si nous sommes de grands enfants avec une locomotive rouge et jaune) au risque de tomber dans les pommes vu la rareté de l’air, même les briquets ont du mal à fonctionner (en même temps faudrait être fou pour fumer a cette altitude).
On redémarre et après plus de 12 heures de route, ou dois-je dire de rail, le train pousse ses derniers tchouuuc tchouuuc pour prévenir la ville de Huancayo (le conducteur me dira après que c’est plus pour prévenir les enfants de l’arrivée du monstre de fer, car il est vrai qu’on nous réserve un accueil absolument magique a l’entrée de Huancayo… je vous le disais, nous sommes tous de grands enfants...
A bientôt




